SUWT La Torche 2012 : Comment Antoine Delpero a tué la finale

Le français Antoine Delpero a remporté l’édition 2012 du stand up world tour de La Torche ( après avoir terminé second en 2011). De l’avis de tous les riders qui ont suivi cette finale de la plage, Antoine a tué cette finale de belle manière avec un style de surf plus agressif et répondant parfaitement aux critères de jugements établis par les juges. Il est vrai qu’il est difficile d’aller chercher le français dans ces conditions où il excelle (comme en Californie à Huntington ou bien encore plus récemment lors du championnat du monde ISA au Pérou). Sa maîtrise technique lui confère un avantage indéniable (tout comme son gabarit lui permettant de rester explosif dans ses rollers et de soigner l’impression général de ses vagues). En outre, Antoine accumule les compétions de haut niveau et gère parfaitement ses grands rendez-vous. Le fait qu’il shape lui même ses planches et qu’il ait adapté ses planches à son nouveau style de surf (souvenons-nous qu’il reste un des meilleurs longboarders au monde), prouve l’intelligence du « bonhomme ». Une victoire donc méritée même si contestée par Leco Salazar (le brésilien enverra deux gros moves avec un roller backside dont il a le secret et quelques 360 à mach II).

Notons aussi la belle performance de Caio Vaz. avec son frère Ian (vainqueur du trophée jeunes), les frères Vaz incarnent les nouveaux espoirs du stand up brésilien. Colin McPhillips, lui aussi finaliste, reste un sacré client mais faute de trouver de bonne vagues et de ne pas varier un peu plus son flow et son engagement dans les rollers, ne peut prétendre à la victoire.

Cette vidéo résume la finale et quelques bonnes actions du main event.

Le communiqué de presse publié par Didier Lafitte, responsable communication et presse sur l’event :

 

Antoine Delpero couronné à La Torche !

Pour la troisième journée consécutive staff et compétiteurs de La Torche Pro France 2012 se retrouvent à 7h30 sur le site de la compétition. Le décor est quasi le même que les jours précédents. Ciel peinturluré en gris, ventilateur branché et porte du congélateur toujours grande ouverte. Seul le robinet d’eau froide est fermé. Mais pas pour longtemps vu ce qui tombe déjà sur St Guénolé et Penmarc’h. Côté vague, ce qui est tout de même l’essentiel, on note une vraie baisse comparé à la journée d’hier. Nettement moins grosses certes, mais le peu qu’il y a est de bonne qualité.
Mais la nouvelle donne nous vient directement des « surfs reports » que tout le staff scrute depuis des jours. On le rappelle ici, pour valider ce Championnat du Monde de Stand Up Paddle, il faut des vagues. L’idéal serait même d’avoir de la houle. C’est-à-dire des vagues générées par les systèmes dépressionnaires qui naissent dans la région de Terre Neuve et qui traversent tout l’océan Atlantique avant de venir déferler sur nos côtes. Malheureusement ce scénario n’est pas d’actualité. Bien au contraire. La dépression qui stagne sur la pointe de la Bretagne depuis trois jours maintenant engendre seulement du « wind swell », c’est-à-dire de la mer formée par le vent mais sur une distance trop courte. La particularité de ce « fetch » c’est qu’il est justement très faible. Il propose donc des vagues pas très consistantes et surtout très rapprochées les unes des autres, sans vraiment d’amplitude ; donc peu puissantes. Pire encore, l’espoir d’avoir une nouvelle rentrée de houle pour la journée de samedi fait ce matin partie des souvenirs.
Il faut donc composer avec ce que l’on a, tout en anticipant sur ce que l’on peut espérer avoir. Le comité d’organisation n’a donc pas d’autres choix d’annoncer au premier briefing coureurs ce matin par la voix de Ronan Chatain :

« Nous sommes sur la fin d’un « swell » qui devrait tenir toute la journée. Il devrait même avoir tendance à se bonifier autour de la marée haute. Ceci étant, vu la taille des vagues  nous serons très certainement amené à bouger sur la plage pour aller chercher des vagues plus « surfables » sur un banc de sable situé légèrement plus au nord de la pointe. Dans le même temps, nous espérions l’arrivée d’un nouveau « push » pour samedi. Notre enthousiasme est quelque peu retombé à la lecture du dernier « report ». Vous l’aurez compris, nous allons essayer de boucler le « contest » aujourd’hui ! »

                        Et Tristan Boxford de rajouter :

« Nous allons envoyer le Round # 2 à 8h30. La durée des « heats » est de 15 minutes. Même schéma qu’hier vous pouvez prendre dix vagues maximum et vos deux meilleures scores seront retenues… »

                        Le numéro 1 mondial se fait sortir en ¼ de finale…

La journée se déroule comme prévue avec un très haut niveau de surf malgré des conditions peu favorables. Il n’y a pas trop de surprise dans ce tableau final jusqu’au stade des 1/8 de finales où Zane Schweitzer se fait sortir par le français Alexis Denel et le brésilien Caio Vaz. Zane est quand même le n° 4 mondial ce qui souligne la remarquable performance d’Alexis et de Caio.

Autre surprise et celle-ci elle est vraiment de taille, c’est l’élimination que l’on peut qualifier de prématurée de l’hawaiien Kai Lenny. Double champion du monde, vainqueur ici à La Torche l’année dernière, Kai n’a pas su trouver les bonnes vagues pour contrer, une fois de plus, la fougue et le talent d’Alexis et de Caio. Très belle performance des trouble-fête de ce tableau final.
Le moins que l’on puisse dire c’est qu’Alexis fait honneur à sa « wild card ». Invité par l’organisation le breton prouve à travers sa performance du jour qu’il va falloir compter sur lui dans le futur…

C’est la foule cette après midi sur La Torche Pro France. La grande foule même. Sûrement 10000 personnes selon les organisateurs (on est toujours en attente des chiffres de la police…). Un soleil généreux inonde la baie, les meilleurs spécialistes du Stand Up mondial font le spectacle, le speaker officiel fait vivre la compétition avec beaucoup de maitrise et de pédagogie, le site est littéralement en fête. Du 1er mai…

Le tableau féminin est lancé avant la finale homme. Tinina Etienne (Guadeloupe), Caroline Angibaud (France), Nicole Boronat et Iballa Moreno (Canaries) s’élancent dans des conditions qui sont assez difficiles mais les « ondines » nous gratifient d’un joli spectacle. Grâce à des surfs plus sentis et des choix de vague plus judicieux Caroline s’adjuge la victoire devant Iballa, Nicole et Tinina.

Il est 18h30 quand les quatre finalistes se jettent dans le dernier heat du jour. Le français Antoine Delpero, le californien Colin McPhillips et les deux brésiliens Caio Vaz et Leco Salazar ont 25 minutes pour graver leur nom sur le granit de La Torche Pro France 2012 ! Depuis l’existence du circuit en 2010, c’est la première fois qu’une finale se dispute sans la présence d’un hawaiien. Le niveau du stand up ne fait que progresser et la pratique s’internationalise. La preuve en est…
La finale est de toute beauté. Antoine Delpero est d’une incroyable régularité depuis le début de l’event. Il surfe juste ! Il est très précis, très agressif et ses scores sont tout simplement remarquables dans des conditions si techniques. Avec 16.75 pts (et un 9 sur sa plus belle vague…) il devance Leco assez largement (13 pts). Colin est passé vraiment très près de la seconde place avec 0.65 pts d’écart sur Léco. Ce dernier score un 8.0 sur sa meilleure vague alors que Colin engrange deux vagues relativement moyennes autour de 6 pts. Avec 8.10 Caio complète ce magnifique podium…

Tof : Ronan Gladu

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Journaliste et photographe, je suis rédacteur en chef du magazine spécialisé sur le stand up paddle (SUP), Get Up SUP Mag. Retrouvez toute l'actualité du stand up paddle sur Get Up, l'actualité des compétitions, les balades, les résultats des riders, les nouveautés des marques de SUP.