Rencontre : Cédric Bordes près d’Hossegor

Alors que je shootais Eric Terrien et David “Davos” Latastère en test pour Bic aux Estagnots sur une section délaissée par les surfers, j’ai vu un gars avec une planche blanche et orange qui est, après une bonne session et quelques bon rides, sortit de l’eau en venant vers moi : “Salut, tu te souviens de moi ?”. Passé la surprise, je remets avec plaisir un nom sur le visage jovial d’un gars costaud dans sa combinaison. Cédric Bordes. Cédric est originaire de Marseille, il windsurf souvent du côté de Fos et de Carro et travaille dur pour Tabou et Gaastra dont il assure le développement des produits en plus de porter leur couleurs sur les compétitions internationales et nationales. C’est un gars bien qui progresse toujours, je l’avais suivi sur une compète de slalom à Margarita au Vénézuela et j’avais vu le temps qu’il passait en dehors du contest à tester du matos, voile, planche, ailerons, mâts. Un compétiteur né qui aime l’engagement. Et je le retrouve quelques années plus tard sur son stand up. Quelques questions s’imposaient.

 

Quel est ton métier ?
Je suis windsurfer pro. J’ai eu mon Master à Euromed Marseille (école de commerce) il y a 2 ans. Je fais le championnat de France et la coupe du monde de slalom et de speed. Je travaille aussi pour mon sponsor planche en supervisant la R&D de toutes les gammes (vagues/freeride/slalom).

Que fais-tu ici aux Estagnots ?
Je me suis fais un petit trip express chez mon ami JB Caste qui vit ici. Ça fait longtemps que je voulais venir et comme il y avait une bonne fenêtre météo ici et pas de vent dans le Sud, j’ai pris la route.

Tu pratiques souvent le stand up paddle ?
Le plus souvent possible, je l’ai toujours dans mon camion. J’en fait surtout en hiver pendant la trêve hivernale.

Tu charges pas mal, tu as souvent des conditions en Méditerranée, tes spots de prédilection ?
En hiver, on a pas mal de conditions, il faut être à l’affut car cela change très vite en Méditerranée. Souvent j’enchaine les sessions de wind et de Sup sans me changer et en roulant juste un peu. Il y a de très bons spots mais pas mal de monde à l’eau sur ceux qui marchent vraiment bien. J’essaie de m’écarter des autres pour prendre un max de vagues sans gêner personne. Du coup je n’ai jamais eu d’accrochages car les surfeurs voient vite si tu respectes ou si tu veux tout prendre…

Quelle est l’histoire de ta planche c’est un proto ?
C’est un proto de 8,6 par 31 de large. Dans la gamme Tabou on a une 8,2 et une 9,2 qui sont vraiment bien car elles permettent d’attaquer dans les vagues et sont surtout passes partout. Là, je voulais essayer une planche plus large pour les gabarits de plus de 80/85 kilos, qui tienne la taille et qui parte vite aussi. On a fait des rails plus fins et un décroché dans l’outline pour pouvoir bien tourner quand même et toujours un rocker assez haut. Au final je peux tout faire avec !

Comment s’est déroulée ta saison au niveau français et international ? J’ai l’impression que tu as pris quelques grammes niveau abdominaux pour avionneur toujours plus.
Hahahaha. La saison s’est bien passée même si c’est la guerre sur l’eau, je finis 16e mondial et 2e chez Gaastra/Tabou ce qui est plutôt bon. En windsurf, les meilleurs ont beaucoup d’expérience, c’est un sport complet où avoir un bon gabarit aide vraiment à “écraser” le matos dans le vent pour accélérer. Il est important d’avoir une bonne hygiène de vie surtout pour encaisser la fatigue, les entrainements et l’enchainement des compétitons.

On ne voit pas beaucoup de stand up Tabou, pourtant le shaper maison Fabien (Vollenweider, ndlr) a les doigts en or même s’il ne shape que sur ordinateur. Tu penses que cela va changer ou il y a juste des stand up au catalogue Tabou pour être à la page ?
L’avantage de l’ordinateur est d’être précis et de repartir sur la même base pour la faire évoluer à chaque fois en fonction des retours et feelings. Mais il met aussi les mains dans la résine pour modifier directement une board entre 2 sessions test! Fabien a toujours fait des planches de windsurf faciles et ludiques, la gamme de sup est dans le même esprit, du coup tout ce qui a été produit est partit très rapidement via les circuits de distribution classiques. En tant que rider, j’aimerais que les choses aillent encore plus vite. Mais d’un autre coté, je comprends que le marché est jeune, beaucoup de nouvelles marques arrivent et veulent une part de marché sans pour autant avoir une gamme cohérente et adaptée aux vrais besoins. Nous avons 2 boards de vagues (8,2 et 9,2), 3 boards à tout faire en fonction du gabarit (10,2 11,2 et 12,2) et une 12,6 de race.

Je me souviens dans le passé tu avais la manie de gueuler pas mal sur les étapes, tu t’es calmé ?
La raison vient avec l’âge, on dira… J’aime le windsurf, je m’entraine dur, j’essaie d’être pro et c’est des fois frustrant de constater qu’il n’y a pas toujours le même répondant en face. Mais j’ai compris que rien n’était forcement facile et surtout qu’il y a des choses bien plus importantes dans la vie au final…

Dernière question : es-tu l’un des administrateurs de grappin et si non, quel sera la sentence de grappin (à consulter sur Facebook) quand il va apprendre que “GRAS” 91 grap la pagaie et grap sa série loin de la PWA ?
En fait tous les meilleurs Français sont administrateurs de grappin!!! Cela permet de bien se chambrer entre nous et de se moquer les uns des autres, même Antoine Albeau laisse des commentaires! Il y a quelque fois de petits dérapages car tout le monde est “planqué” mais ça reste bon enfant.

 

PS : Quelques jours après avoir rencontré Cédric, je recevais un email de sa part me demandant le calendrier des prochaines compétitions. Certain que s’il a une opportunité dans son calendrier chargé pour s’aligner sur un parcours, il le fera.



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