JVB : « J’ai enfin trouvé l’alchimie entre scoop et répartition de volume ».

Jean-Valère Bordenave

Jean-Valère Bordenave est un surfer et shaper corse. Il nous explique son travail.

Le cap Corse réserve de belles aventures : on y fait la découverte de paysages somptueux, du Libecciu, de quelques criques désertes en ce mois de novembre. Cette pointe nord de l’île de beauté est le terrain de jeu du surfer et shaper Jean-Valère Bordenave . JVB est toujours en quête de performances tant sur l’eau que dans la mise au point des SUP de vagues. Ces derniers shapes allient maniabilité, vitesse et drive. SUP surfeur de la première heure (on se rappelle aussi de sa belle session en stand up à G Land, ndl), il n’a de cesse de rechercher le shape de SUP qui lui permettra d’être aussi agile en stand up que sur un surf. Surfeur engagé et passionné, JVB est un shapeur méticuleux et créatif qui utilise encore toute une collection de templates mis au point au fil des ans. Jean-Valère les assemble et les harmonise pour tracer au crayon des outlines racées sur les pains de mousse prêts à prendre forme sous son rabot. Tout y passe, shortboards pour kids, SUP gun, SUP race, sa démarche précise reste unique, son ambition est de satisfaire le surfeur venu lui passer commande sans jamais dénaturer son intuition. Avec l’aide de Stéphane Becret pour les images, nous avons souhaité en savoir plus sur les derniers shapes de JVB.

Get Up : Tu vis sur le Cap Corse au nord de l’île où tu as une école de surf et de stand up. Quels avantages pour surfer ?

Jean-Valère Bordenave : En fonction de la houle poussée par les vents, tu peux passer des versants ouest à est pour profiter des meilleures conditions et orientations.

Le shape est ton autre activité. Depuis combien de temps shapes-tu ?

1991 mais je shape professionnellement depuis deux ans.

Quels sont tes axes de travail ?

Je viens du surf et en tant que surfeur, je suis attaché à retrouver pour mes stand up des performances qui se rapprochent le plus possible d’un shortboard tant au niveau de la nervosité que de la réactivité. Pour se rapprocher d’une planche de surf, j’ai beaucoup travaillé sur le rocker et la répartition de volume.

C’est à dire ?

Il est assez difficile sur un stand up de concilier ces deux paramètres. Souvent tu optimises ton rocker mais tu te retrouves avec une mauvaise répartition de volume, une planche trop épaisse sur les extrêmes, tu pousses de l’eau dans les courbes. Concilier ces deux paramètres et avoir un shape de stand up moderne qui se rapproche d’un shortboard m’a demandé du temps. J’ai aujourd’hui trouvé la bonne alchimie, un rocker en trois parties sans cassure avec un kick tail harmonieux et pas cassé qui pousse de l’eau dans les transitions. Il en va de même pour l’avant, la planche déjauge vite, c’est un très bon rocker que j’ai optimisé par un bon placement des dérives. J’ai opté pour le thruster même si j’ai réalisé des tests en quatro non probants. La planche était dans cette configuration trop directives. Enfin, l’outline est pincé devant et derrière. Avec ce rocker, la planche, malgré son allure de grand surf, est stable sur l’eau à la rame pour remonter au peak. J’arrive à décliner ce rocker/répartition de volume d’une 7’2 pour les kids à une 10’8 pour des gabarits plus lourd.

Ta planche perso, quelle taille fait-elle ?

C’est une 7’9 par 27 » ½ et 3 » 5/8 d’épaisseur. Je pèse 74 kilos.

A-t-elle une autre spécificité ?

Oui j’ai reculé le maitre bau (la largeur la plus importante, ndl). Cela me permet d’avoir une planche dont le rayon des trajectoires est moindre. C’est possible car la planche dans son développement est stable à la rame.

Tu as déjà réalisé beaucoup de ces shapes ?

Une dizaine. Mais je shapes aussi des planches de race (jusqu’à des 14′) ou des surfs (shortboards).

Pour quelle fabrication as-tu opté ?

Je ne fabrique pas des planches sandwich comme des windsurfs. Surfeur, je suis attaché au travail du pain. Je choisis donc un pain avec de la densité (20 kg/m3 au mini) et je stratifie traditionnellement, comme un surf. Cela joue énormément sur le feeling et le ressenti de la planche dans ses conduites au surf. Je peux aussi intégrer du carbone pour augmenter la nervosité.

Quels sont les tarifs d’une planche ?

A partir de 1250 euros pour des planches allant jusqu’à 8’6. Les planches sont livrées avec pads, boitiers FCS Fusion. Au delà, j’augmente le tarif de 10% par pied.

 

Site internet :

http://foamfiberndynamite.blogspot.fr/

Images Stéphane Becret  : Natural Surf Lodge.

 

 

A propos Franck.d 1507 Articles
Journaliste et photographe, je suis rédacteur en chef du magazine spécialisé sur le stand up paddle (SUP), Get Up SUP Mag. Retrouvez toute l'actualité du stand up paddle sur Get Up, l'actualité des compétitions, les balades, les résultats des riders, les nouveautés des marques de SUP.